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Jeimila Donty : la startupeuse qui s’engage pour la régénération des écosystèmes marins

Dernière mise à jour : 7 nov. 2023


Q : Pouvez-vous partager avec nos lecteurs, comment Koraï mène ses actions de restauration des écosystèmes côtiers marins en Afrique, y compris les spécificités de la replantation de corail et de mangrove ?

R : Pour commencer quelques mots de contexte.

On a d’un côté l’Afrique, où va se trouver 42% de la jeunesse mondiale d’ici 2030 et où l’urgence climatique est d’autant plus grande sur les régions côtières. Ces régions mêmes dépendent des écosystèmes marins côtiers (récifs coralliens, forêt de mangroves et prairies d’herbiers marins) mais souffrent du manque d’initiatives de protection et de restauration faute de moyen.

Et on a d’un autre côté l’Europe, où dès 2024, 50 000 entreprises de plus de 500 salariées vont devoir faire face à leur responsabilité sociétale et environnementale, sinon elles s’exposent à un risque législatif croissant (CSRD, taxe carbone, taxonomie verte) et un risque réputationnel (marque, recrutement).

Ce qu'il faudrait, c'est un acteur international qui combine une fine connaissance des enjeux africains et une forte expertise sur les besoins des entreprises européennes. C'est ce que nous faisons chez Koraï : nous aidons les entreprises européennes à réduire leur impact biodiversité et carbone en régénérant les écosystèmes marins côtiers d’Afrique.

Comment ? Nous transplantons des boutures de corail d’espèces sélectionnées pour leur résistance à la hausse des températures sur des structures de soutien que nous posons en mer sur d’anciens récifs décimés dans des aires marines protégées que nous cogérons, selon deux critères :

  • il y a nécessité de restauration : récif corallien détruit à min 30%

  • il y a possibilité de restauration : la raison de destruction du récif est ponctuelle et non structurelle, nous avons trouvé des espèces résilientes dans la zone.

Parce que les écosystèmes marins sont interconnectés, notre approche est volontairement holistique : restaurer les coraux sans restaurer la mangrove ne garantit pas le retour de la biodiversité. C’est pourquoi nous replantons également la mangrove dans la même zone lorsqu’elle est elle aussi en mauvais état.


Q : Comment Koraï mesure-t-il l'impact des actions de régénération des écosystèmes marins sur la biodiversité et l'environnement ?

R :Pour commencer, rappelons que nous nous positionnons sur les impacts incompressibles : nous faisons confiance à nos partenaires pour éviter et réduire autant que faire se peut la dégradation de la biodiversité et les émissions carbones. Mais l'existence même d’une activité fait que la neutralité n’existe pas.

Ensuite, nous mesurons notre impact par deux groupes d’indicateurs : la santé des écosystèmes restaurés et le retour de biodiversité. Par exemple : pour les récifs coralliens nous mesurons le nombre de boutures installées, la croissance en taille de ces dernières et la croissance des individus de la biodiversité marine sur la période d’observation. Nous avons plantés nos premiers récifs en avril de cette année et nous sommes déjà heureux d’observer la croissance de taille de nos boutures et leur bonne santé, avec un taux de mortalité inférieur à 5%.



Q : Comment encouragez vous l'engagement citoyen et la sensibilisation du grand public à la cause de la préservation des écosystèmes marins en Afrique, en plus de vos actions auprès des entreprises ?

R : Une des raisons pour laquelle nous avons une offre de sensibilisation est que notre travail serait vain si les populations locales ne sont pas sensibilisées à la protection de leur écosystème, si les collaborateurs n’ont pas conscience de leur impact même indirect.

Il y a une profonde déconnexion entre l’Homme et la nature. On parle de “développement durable”, de “RSE” et d’”écologie” comme des tendances, alors que, les plus engagés le savent : il faut un changement systémique de l’économie actuelle, et une prise de conscience réelle des actions de tout un chacun.

À Nosy Be, par exemple, où nous opérons, je souffre de voir tous ces gens qui se tirent une balle dans le pied : les marchands de poissons qui livrent dans des sacs plastiques, les opérateurs touristiques qui lâchent des mégots sur les îles désertes qu’ils font visiter ou même les hôtels qui arrosent à l’insecticide les plages pour le confort de leurs clients !

Et en France, un financier d’une multinationale de télécommunications ne voit pas son impact sur les écosystèmes marins d’Afrique alors qu’il valide des devis pour installer des câbles sous-marins.

C’est pourquoi nous avons deux offres :

  • celle de sensibiliser en entreprise par le biais de conférence adaptée au secteur de l’entreprise et d’ateliers types fresques

  • celle de sensibiliser les populations locales à travers des formations aux éco-gestes et sponsorisées par nos clients.

Mais nous faisons également tout pour donner de la visibilité à cet enjeux de taille : les récifs coralliens côtiers sont menacés de disparition totale d’ici 2070 d’après une étude de nature sustainability.


Q : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans la sensibilisation et dans l’engagement des entreprises dans votre démarche de préservation des écosystèmes marins en Afrique ?

R : D’abord la compréhension : "Mon entreprise n'a rien à voir avec la mer, pourquoi régénérer les écosystèmes marins devrait il être une priorité ?" Il y a 20 ans, les géants du retail ne se posaient ils pas la même question sur les arbres en Amazonie ? On a souvent tendance à penser que la nature est loin de nos activités.

Ensuite la nouveauté : bien souvent, les directions RSE sont encore en structuration, ou tout juste créées, ou encore aux prémices des questions sur la biodiversité parce qu’elles sont encore en train de régler leurs comptes sur la partie sociale et leurs émissions de carbone. Pourtant la biodiversité est un sujet prioritaire qui va le devenir très vite au niveau gouvernemental. C’est pour demain !


Q : Quelles sont les prochaines étapes de développement de Koraï au cours des prochaines années, notamment en ce qui concerne l'expansion dans d'autres pays d'Afrique ?

R : Nous visons de valider notre business model d’ici le début d’année prochaine, ce qui nous permettra de solidifier notre impact. Notre point fort c’est l’excellence opérationnelle et la traçabilité de notre impact. Nous intégrons la chaîne de valeur :

  • en coordinant les ventes et la R&D en France

  • en effectuant nous-mêmes les opérations via nos filiales qui à terme deviendront des franchises afin de passer plus facilement à l’échelle.

Notre première nurserie (lieu d’opération) est à Nosy Be, dans le Nord de Madagascar. Comme la plus grande île d’Afrique abrite 20% de ses récifs coralliens de l’Océan Indien, nous visons d’en ouvrir une deuxième dès la fin 2024 dans le Sud.

Après quoi nous visons une expansion rapide grâce à un modèle de franchise.


C’est pourquoi si vous souhaitez à titre personnel participer au changement : engagez votre entreprise avec Koraï!






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